Il était à peine dix-huit heure
quand tout a commencé...
A l'instar des vendredis soirs, comme
à son habitude, Héléna allait se reposer sur les bords de la
falaise, à quelques pas de chez elle. Elle s'asseyait là, parmi les
pierres plus ou moins grandes et admirait le sublime coucher du
soleil, son crépuscule comme elle se plaisait à le nommer.
Elle n'étais jamais seule, toujours accompagnée de ses livres, de
ses dessins. Elle a toujours apprécié l'art et la littérature, ce
qui lui avait valu le premier prix de la meilleure lectrice au
lycée. Elle se souvenait de ce jour, les gens l'applaudissant,
d'autres hurlant son nom à travers la pièce qui avait été décorée
en son honneur, et d'autres, ignorant catégoriquement sa joie, trop
occupés à envoyer des sms où faire des origamis.

Contemplant l'astre flamboyant, elle
pressa les quelques livres contre sa poitrine en songeant à sa
gloire, en pensant à son bonheur. Il lui paraissait infime
maintenant qu'elle le connaissait, lui,
celui qu'elle avait attendu toute sa vie. L'amour qui lui
appartenait, l'homme qu'elle suivrait. Son être lui manquait, le
simple écho de son prénom dans son esprit la faisait frissonner.
Son coeur battait si fort dans ses tempes qu'elle aurait voulu
l'oublier un instant, pour que la douleur cesse.
Le supplice de l'amour, c'est ainsi qu'elle avait joliment
renommée cette souffrance de la distance, ce malaise de son
absence...

" Je t'attend Hayden ",
avait-elle écris sur une feuille de papier, en ajoutant un petit
coeur au-dessus de son prénom, avant de laisser le vent emporter la
feuille au loin, pour finir par rejoindre la mer, la où elle
sombrerai pour l'éternité. Elle posa ces prunelles sur les vagues
agitées, fixant les reflets du soleil couchant sur l'eau, ces
étincelles perdues, échouées parmi cet amas de liquide bleu. Elle
écoutait le bruit des vagues s'écroulant sur les bordures de la
montagne de pierres. Elle humait l'odeur salée de l'étendue d'eau,
respirant profondément ce qu'émanait l'océan. Elle était heureuse,
là, assise face à ce flot, s'émerveillant du crépuscule la
guettant...
Le supplice de l'amour,
C'est ainsi que je nomme, de ton absence, les jours...
Le mal de la distance,
C'est ainsi que je nomme, le désir insatisfait de mon
attirance...
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